Café : pourquoi certains s’endorment pendant que d’autres tremblent ?
Pour certains, c’est un réveil magique. Pour d’autres, un anxiogène. Et pour une minorité… un vrai somnifère. Le café ne fait pas le même effet à tout le monde. Mais pourquoi ?
La réponse est à chercher dans la biologie de notre cerveau, notre foie… et nos gènes.
☕ Le café et le cerveau : comment ça fonctionne vraiment
Le principal ingrédient actif du café est la caféine, une substance psychoactive. Elle agit principalement en bloquant un neurotransmetteur appelé adénosine.
L’adénosine s’accumule dans notre cerveau au fil de la journée et provoque une sensation de fatigue. En bloquant ses récepteurs, la caféine empêche le signal de somnolence de passer. Résultat : nous nous sentons plus éveillés, plus concentrés.

⚡ Pourquoi certains deviennent nerveux ou insomniaques ?
Voici les principales raisons :
- Blocage complet de l’adénosine → empêche toute somnolence, même quand on est épuisé.
- Libération de dopamine, noradrénaline et adrénaline → excitation, rythme cardiaque augmenté, anxiété.
- Métabolisme lent de la caféine : certaines personnes dégradent la caféine lentement (gène
CYP1A2
), donc elle agit plus longtemps et plus intensément.
Résultat : palpitations, mains moites, troubles du sommeil, agitation…
😴 Pourquoi d’autres s’endorment après un café ?
Cela peut sembler paradoxal, mais il y a plusieurs explications scientifiques :
- Rebond de l’adénosine : quand la caféine se dissipe, toute l’adénosine « bloquée » se libère d’un coup → coup de fatigue brutal.
- Fatigue extrême : le café masque brièvement le besoin de sommeil… mais ne l’élimine pas.
- Effet paradoxal chez les personnes avec TDAH : le café peut les calmer, les aider à se concentrer… voire à s’assoupir.
- Hypoglycémie réactionnelle : chez certaines personnes, la caféine provoque une chute de la glycémie, provoquant fatigue et somnolence.
- Stress épuisant : après une montée d’adrénaline, vient souvent une phase de « crash ».
✅ Ce qui détermine votre réaction au café
- Votre génétique (gène
CYP1A2
) : rapide ou lent métaboliseur ? - La sensibilité de vos récepteurs à l’adénosine
- Votre tolérance : plus vous buvez régulièrement, plus votre cerveau s’adapte.
- Votre état général (sommeil, stress, alimentation)
☝️ Faut-il arrêter le café ?
Non, mais il faut écouter son corps.
- Si vous êtes anxieux après une tasse → réduisez la dose, buvez plus tôt dans la journée.
- Si vous vous endormez après un expresso → analysez votre sommeil et vos habitudes de vie.
- Si vous tolérez bien le café → continuez, mais sans excès.
Le café n’est ni un poison, ni un élixir. C’est une substance puissante, à apprivoiser.
📌 Conclusion
Le café est un révélateur. Il nous montre, à sa manière, à quel point notre cerveau, notre génétique et notre physiologie sont uniques.
Ce qui éveille l’un, épuise l’autre.
Et parfois, la meilleure chose à faire est… d’écouter son propre rythme, au lieu de suivre celui des autres.